Pas parce que j'étais impoli.
Parce que je lui demandais de faire sa job.
J'ai 22 ans.
Une laveuse m'a rendu fou pendant quatre mois.
Mais le pire?
C'était pas l'odeur.
C'était ce que j'ai trouvé sous le caoutchouc.
J'ouvre le tambour.
L'odeur me frappe.
Chien mouillé.
Fort.
Comme un husky trempé enfermé là-dedans pendant un mois.
Les anciens locataires? Deux bergers allemands. Huit ans.
Huit ans de poils.
De bave.
De crasse.
Maintenant sur MES vêtements.
"La laveuse marche. C'est quoi ton problème?"
J'insiste.
Il envoie un plombier.
Le gars regarde 45 secondes.
"Tout est beau, mon homme."
Facture : 90$.
Problème réglé : non.
Je rappelle le proprio.
Clic.
Il raccroche.
Pastilles nettoyantes. 15$.
La grosse marque.
Je suis les instructions.
Ça sent bon.
24 heures.
L'odeur revient.
J'essaie le vinaigre.
L'odeur revient.
Le bicarbonate.
L'odeur revient.
Toujours.
Puis un soir, j'en peux plus.
Je prends une lampe de poche.
Je soulève le joint en caoutchouc.
Je regarde.
...
Mon estomac se retourne.
Couche épaisse gris-brun.
Poils incrustés.
Moisissure noire.
Film gluant.
Huit ans de saleté.
Juste là.
Les pastilles à 15$?
Elles avaient touché à rien.
Du parfum.
C'est tout.
C'était ma vie.
En classe, je m'assoyais toujours au fond.
Loin des autres.
Parce que je savais.
Je sentais le chien mouillé.
Les regards.
Les sourcils froncés.
Les gens qui se tassent quand tu t'assoies à côté d'eux.
Personne dit rien.
Mais tu le sais.
Ils pensent que t'es sale.
Que tu te laves pas.
Que t'as pas de respect pour toi-même.
J'avais honte.
Honte de sortir.
Honte d'aller en cours.
Honte de voir mes amis.
Mon linge était propre.
Mais il puait.
Et personne comprenait pourquoi.
Je lavais.
Ça puait.
Je relavais.
Ça puait encore.
Je portais les mêmes chandails trois jours de suite.
Les moins pires.
Ceux qui avaient eu le temps d'aérer.
Sentir le chien mouillé partout où tu vas.
C'est une des pires choses qui m'est arrivée.
Tu te sens sale.
Même quand tu l'es pas.
Le proprio s'en foutait.
Le plombier s'en foutait.
Les grosses compagnies?
Leurs pastilles marchent.
Pour certaines personnes.
Pour des laveuses normales.
Avec de la saleté normale.
Mais pour moi?
Pour huit ans de poils de chien incrustés?
Ça marchait pas.
Leur formule est pas faite pour ça.
Et ils s'en foutent.
Parce que je suis pas leur client idéal.
J'avais pas le choix.
Je pouvais pas continuer comme ça.
Plus de vêtements propres.
Plus d'options.
Fallait que je trouve une solution.
Moi-même.
Des heures de recherche.
Des nuits sur Google à 2h du matin.
Des forums.
Des vidéos YouTube.
Des articles scientifiques sur les enzymes.
J'ai commandé des dizaines de produits.
De partout.
Amazon. eBay. Des sites sketchy.
Des poudres.
Des liquides.
Des capsules.
Des trucs avec des noms que je pouvais même pas prononcer.
Échec.
Échec.
Échec.
Un produit a fait mousser ma laveuse tellement que j'ai cru qu'elle allait exploser.
Un autre a laissé des résidus blancs sur tous mes vêtements noirs.
Un autre sentait tellement fort le chimique que j'ai dû aérer l'appart pendant deux jours.
Échec après échec.
Semaine après semaine.
Des centaines de dollars gaspillés.
Je commençais à perdre espoir.
3h du matin.
Les yeux brûlants.
Je scroll un forum obscur.
Un gars en Chine parlait d'un vieux remède.
Un mélange que les Chinois utilisent depuis des décennies.
Pour nettoyer les machines industrielles.
Les usines textiles.
Les équipements agricoles pleins de poils d'animaux.
Personne en Amérique du Nord en parlait.
Aucune compagnie l'utilisait.
Trop niche.
Pas assez rentable.
Mais les résultats qu'il décrivait...
Exactement ce que je cherchais.
De trois pays différents.
J'ai attendu six semaines.
Le colis est arrivé.
J'ai mélangé la formule moi-même.
Dans ma cuisine.
Avec une balance à 20$ de Amazon.
Ma blonde pensait que j'étais devenu fou.
Peut-être qu'elle avait raison.
Une dose.
Un cycle.
Eau chaude.
J'ouvre le tambour.
Je me penche.
Je sens.
...
Rien.
Pas de chien mouillé.
Pas de parfum chimique.
Rien.
Je soulève le joint en caoutchouc.
La crasse.
Partie.
Les poils.
Partis.
Le film gluant.
Disparu.
Après des mois.
Des dizaines de produits.
Des centaines de dollars.
Ce remède chinois à 3$ d'ingrédients.
Ça marchait.
Mon problème était réglé.
Ma vie pouvait continuer.
Mais je pensais aux autres.
Aux milliers de personnes avec le même problème.
Qui achètent les mêmes pastilles inutiles.
Qui se font avoir par les mêmes grosses compagnies.
Je voulais leur offrir cette solution.
Pour produire ma formule.
À grande échelle.
La première m'a ri au nez.
"T'as 22 ans. Tu veux lancer un produit nettoyant? Bonne chance, mon gars."
La deuxième m'a envoyé une facture.
Pour fabriquer un produit similaire aux grandes marques.
Celui qu'on trouve au Canadian Tire.
"C'est ça que les gens veulent. C'est ça qui se vend."
Plus de marge pour eux.
Plus facile.
Ils s'en foutaient de mon problème.
Ils voulaient juste faire de l'argent.
La troisième.
Même chose.
La quatrième.
Pareil.
"Écoute, personne va acheter un produit d'un kid de 22 ans. Fais comme les autres."
Chaque fois.
Je savais que ma formule marchait.
Je l'avais testée moi-même.
Je l'avais vécue.
Je voulais pas vendre du parfum en pastille comme les autres.
Je voulais vendre quelque chose qui règle le problème.
Pour vrai.
Un petit fabricant.
Familial.
Ils ont écouté mon histoire.
Ils ont regardé ma formule.
Ils ont dit : "On peut faire ça."
Pas parce que c'était le plus rentable.
Parce qu'ils croyaient au produit.
Le remède que j'ai trouvé à 3h du matin.
Fabriqué au Canada.
Par des gens qui s'en foutent pas.
Le produit que j'aurais voulu trouver au jour un.
Celui qui m'aurait évité des mois de honte.
Des regards de travers.
Des centaines de dollars en produits inutiles.
Les grosses compagnies le feront jamais.
Trop niche.
Pas assez rentable.
Moi je m'en fous.
Je veux juste que ça marche.
Anis- Co Fondater Le Pelage
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